Dans le cadre du Mois de la Fierté, Curling Québec souhaite faire rayonner les initiatives, les parcours et les expériences qui contribuent à faire de notre sport un milieu accueillant, inclusif et enrichissant. Aujourd’hui, nous vous invitons à découvrir l’expérience d’une équipe du Québec ayant participé au Championnat canadien de curling de la Fierté. Nous avons rencontré Ryan Koroscil et Tony Weingartshofer, deux membres du club de curling de Ville Mont-Royal, qui nous ont partagé leur expérience.
Depuis une vingtaine d’années, des représentants des villes membres de l’Association canadienne de curling de la Fierté se disputent chaque année le titre du seul championnat de curling LGBTQ2S+ au monde. Contrairement à d’autres championnats canadiens, les équipes ne représentent pas leur province mais bien leur ville.
Douze villes participent à l’événement : Vancouver, Calgary, Edmonton, Regina, Saskatoon, Winnipeg, Ottawa, Toronto, Montréal, Halifax, Charlottetown et St-John’s. Chacune de ces villes possède au moins une ligue LGBTQ+ et organisent pour la plupart un tournoi de qualification pour représenter sa ville au Championnat canadien. Chacune des 12 villes participantes obtient une place, tandis que les trois meilleures délégations de l’année précédente ainsi que la ville hôte bénéficient d’une place additionnelle pour un total de 16 équipes. Chaque édition est également organisée en parallèle du tournoi annuel de la ville hôte.
Ce championnat a beaucoup évolué depuis ses débuts. En effet, plusieurs villes se sont ajoutées au championnat, ce qui a rendu la qualification plus ardue et la compétition plus compétitive. Selon Ryan, le niveau de jeu a considérablement augmenté, « Dans les dernières années, le championnat est devenu très compétitif. Le niveau est élevé, mais l’esprit de l’événement demeure léger et convivial. ». Cette croissance s’est également accompagnée d’une réflexion sur l’inclusion. Au cours des dernières années, le championnat a délaissé l’appellation informelle « Gay Nationals » au profit du nom Championnat canadien de curling de la Fierté, un changement qui témoigne d’une volonté d’accueillir encore plus largement toutes les personnes qui souhaitent prendre part à cette communauté.


Ryan et Tony connaissent bien ce rendez-vous annuel. Originaires de l’Est-du-Canada, ils cumulent à eux deux de nombreuses participations au championnat. Les deux joueurs ont d’ailleurs déjà joué ensemble à Halifax avant de reformer une équipe il y a peu à Montréal.
Toutefois, ce qui attire les participants année après année n’est pas seulement la qualité de la compétition, mais surtout le sentiment de communauté qui entoure l’événement. Pour Tony, le championnat est d’abord et avant tout un immense réseau d’amitiés : « J’ai rencontré un nombre incroyable de personnes partout au Canada grâce à ce championnat. Lorsque je voyage dans une autre ville, je peux aller voir ces amis. Et lorsqu’ils viennent à Montréal, ils passent me voir. C’est devenu une grande communauté. ». Chaque édition est l’occasion de retrouver des gens que les participants ne voient parfois qu’une ou deux fois par année, « C’est un peu comme une grande réunion annuelle », résume-t-il.
Cette dimension sociale est également ce qui marque Ryan. Selon lui, le championnat permet à de nombreux anciens joueurs compétitifs de renouer avec leur passion pour le curling tout en évoluant dans un environnement inclusif. « C’est vraiment le rêve de pouvoir combiner ma passion pour le curling compétitif avec un aspect social aussi fort. »
Pendant quatre ou cinq jours, les équipes se retrouvent dans une atmosphère où compétition et convivialité cohabitent naturellement. En plus des matchs, les participants prennent part à différents événements, activités et banquets qui favorisent les rencontres et les retrouvailles entre membres de la communauté. Les deux joueurs espèrent d’ailleurs voir davantage de Québécois s’impliquer dans les années à venir, particulièrement alors que Montréal devrait accueillir la future édition du championnat en 2028.
Pour les deux coéquipiers, cette expérience reflète aussi les valeurs inclusive du curling. Tous deux considèrent que leur sport est particulièrement accueillant. « Je n’ai jamais vraiment ressenti la culture de vestiaire dont on entend parfois parler dans d’autres sports », explique Ryan, « au curling, on part déjà d’une bonne place. ». Tony partage le même constat, « C’est un environnement sécuritaire, inclusif et accueillant. C’est une excellente façon de rencontrer de nouvelles personnes et d’essayer quelque chose de nouveau. ».
D’ailleurs, Ryan relève que la nature même du curling favorise l’inclusion et le sentiment d’appartenance. « Dans une équipe de quatre joueurs, il est impossible de passer inaperçu. On doit rapidement apprendre à se faire confiance et à tisser des liens solides avec ses coéquipiers. »
Au final, lorsqu’on demande à Ryan et Tony ce qu’ils retiennent de leurs nombreuses participations, la réponse n’est pas une victoire particulière ou un résultat marquant. Ce sont plutôt les rencontres, les amitiés et le sentiment d’appartenir à une communauté qui traversent le pays d’un océan à l’autre. « C’est tellement agréable, tellement social. J’inviterais n’importe qui à venir vivre cette expérience », conclut Ryan.






